Ils parlent de nous

CONFINÉS DE L’AVANT – Pascal Joguet, co-fondateur nous parle de sa campagne de financement participatif

CONFINÉS DE L’AVANT – Pascal Joguet, co-fondateur nous parle de sa campagne de financement participatif

En ces temps incertains, il nous semble encore plus important de soutenir les acteurs de l’économie bordelaise, qui continuent d’avancer et préparent la reprise économique.

Aujourd’hui, nous partageons notre discussion avec Pascal Joguet, co-fondateur et CEO de Joué, startup de la pépinière Le Campement, de la Ville de Bordeaux (située au sein de Darwin) et qui s’apprête à lancer sa deuxième campagne de crowdfunding sur Kickstarter le 28 Avril.

La capture de cet instant s’est bien entendu faite par téléphone, dans le respect des règles sanitaires.

Où es-tu actuellement ?

Je suis en confinement dans l’entre-deux-mers avec ma femme et mes enfants. Je travaille donc à distance, avec mes collaborateurs, mais ça ne change pas vraiment notre organisation. Nous sommes une petite dizaine à travailler sur le projet actuel de Joué (NDLR : la campagne de crowdfunding kickstarter lancée le 28 Avril). On a toujours plus ou moins été en télétravail car nous sommes une équipe ‘‘éclatée’’ : il y en a Paris, Marseille ou Bordeaux, un collaborateur qui fait un tour du monde dans son camion, d’autres à San Francisco ou Los Angeles…

Le projet d’entreprise s’est dès le début structuré comme ça car ça a plein de vertus. Ça donne plus d’autonomie et de responsabilité à chaque personne. Quand on fait une réunion, on en sort chacun avec une liste de choses à faire. Après les gens s’organisent comme ils veulent, s’ils préfèrent travailler la nuit, moi je m’en fiche !

C’est quoi le quotidien d’un des co-fondateurs de Joué en plein confinement ?

Notre fonds de commerce étant la vente de hardware surtout à l’international, tout s’est arrêté du jour au lendemain. On est directement touché par cette crise et les appels aux banques et à la BPI sont devenus notre quotidien, en plus de préparer le lancement de notre campagne kickstarter.

C’est compliqué de décaler les choses d’un mois (NDLR : la campagne de crowdfunding devait initialement être lancée fin Mars), avec tous les partenaires, mais du coup on essaie de mieux faire, mieux parler de notre produit, mieux le présenter, faire ressortir les côtés bénéfiques : toute notre démarche responsable, durable mais surtout l’importance de se développer personnellement.

Cette crise permet aussi de se re-poser des questions sur la réalité dans laquelle on est. On re-donne la place au temps qui ne sert à rien, à l’oisiveté, au droit de flâner, à la pratique des arts… Tu re-balances ton temps de vie différemment.

joué-musique-bordeaux

L’idée de Joué est née dans ce même type de situation il y a 5 ans, lorsque j’étais à la fin d’un cycle entreprenarial, entre 2 projets. Le fait de se retrouver seul, en pleine réflexion, avec cette envie de ralentir. Le rythme dans nos vies est extrèmement rapide, sans cesse sollicités, connectés constamment. Le fait de se retrouver seul, ça créée une autre forme de relation, d’intimité et provoque une certaine envie de ralentir. Aujourd’hui, cette pause obligatoire, imposée par la nature, va changer les esprits… Pas forcément de manière consciente. Mais ça va changer les règles. Ce sont les crises comme ça qui viennent provoquer ce genre de réflexion.

Également, on le voit, la crise ramène de l’humanité dans les échanges, il y a un mélange beaucoup plus étroit entre vie professionnelle et vie privée et ça c’est inédit, ça oblige chacun à révéler plus ouvertement qui il est vraiment, c’est le côté positif de la crise.

Et notre produit renoue avec ça. Avoir un projet artistique, développer sa part créative, c’est fondamental pour l’être humain. Et il se trouve qu’avec Joué, nous avons une proposition pertinente sur le sujet qui reste le grand oublié de nos sociétés contemporaines technologiques et productivistes.

Au bout du bout, ça ne pouvait pas être le meilleur moment pour lancer notre campagne de financement participatif, en terme de sens tout du moins. Quand tu joues avec nos instruments, c’est comme une bulle dans ta journée, un moment où tu t’évades du quotidien bruyant pour découvrir ta part créative à toi, dans ton intimité.

Et puis je t’avoue qu’aujourd’hui, ça me fait quand même du bien de ne plus voir d’avion dans le ciel, d’entendre à nouveau les oiseaux le matin sans le bruit incessant des voitures en arrière fond !

Puisqu’il y a moins de bruit humains, il y a plus de place pour le chant de la nature, et en écho plus de place dans nos vies pour la pratique des arts.

Et si on parlait de ce qui vous mobilise aujourd’hui : votre campagne Kickstarter vous permettant de produire les produits Joué et de les distribuer aux quatre coins du globe.

La campagne de financement participatif Kickstarter commence le 28 Avril par une conférence de presse aux USA et initialement prévue en ligne. C’est drôle, c’est pile poil dans le ton !

Kickstarter limitant les campagnes à 40 jours, nous allons poursuivre la campagne sur Indiegogo et Makuhake, la dernière étant également une plateforme de financement participatif, mais au Japon. Ça permettra aux gens intéressés de faire des réservations supplémentaires pendant un temps plus long.

Sur les plateformes, nous proposons nos produits avec une réduction de 35% par rapport au prix initial. Les pré-réservations financent ainsi la fabrication du produit.

joué-startup-bordeaux

Également, on va en profiter pour partager des vidéos de notre communauté, mais avec la fermeture des frontières, notre plan initial est un peu tombé à l’eau. A la base, on devait faire essayer les 3 prototypes d’instruments dont nous disposons à des personnes intéressées, quelque soit le pays ou continent. Mais finalement, nous allons organiser un système de prêt aux familles bordelaises, aux amis, aux personnes dans notre entourage ou qui auraient envie de pouvoir essayer l’instrument et nous transmettre sa vidéo. On va jouer la carte du local !

Et tu vois, ça continue de faire sens car le local est au cœur de notre proposition. La fabrication se passe en Dordogne, la carte électronique est également faite en Dordogne. Cette proximité crée du lien social qui n’est pas possible si l’on est trop éloigné géographiquement. C’était très important pour nous de faire vivre l’humain même au travers de la chaîne de fabrication.

Le lien avec nos communautés fait également partie de Joué. Dans nos supports, nos vidéos, nous essayons de plus en plus de montrer les gens. Quand d’autres marques se focaliseraient sur leur produit, nous ce qui nous intéresse, c’est de voir leurs réactions, leurs émotions.

C’est une super transition ! On voit en effet que beaucoup de personnes publient des vidéos dans lesquelles elles jouent avec les instruments Joué. Vous disposez déjà d’une communauté !

Oui c’est vrai. Sur notre premier instrument, celui destiné à une communauté de professionnels, nous avons mis en place un système rotatif d’essai des instruments. C’est un système de réservation qui permet d’expérimenter l’instrument pendant un temps donné, puis de l’envoyer à une autre personne qui en jouera à son tour. Ces personnes ont pu expérimenter les claviers et en ont fait des vidéos. Ce sont des personnes qui ont souvent déjà des objets musicaux, des instruments. La vraie nouveauté avec notre prochaine campagne, c’est que nous allons pouvoir proposer nos instruments à une communauté plus grand public, de non professionnels, à tout le monde en fait.

Quelques artistes utilisent ou ont pu essayer nos produits ; parmi eux, Laurent de Wilde (pianiste de jazz), Etienne de Crécy(DJ), Rone (musicien) l’a utilisé en 2019 pour un concert salle Wagram à Paris…

Si aujourd’hui on te disait que tu peux avoir accès à n’importe quel artiste, quelles seraient tes collaborations rêvées ?

Tes collab’ rêvées ? Elle est compliquée ta question. Effectivement, ça me plairait que les artistes très en vue veuillent utiliser nos instruments en tant qu ambassadeurs.

Nous travaillons déjà avec Arabian Prince à L.A, l’un des fondateurs de NWA avec Ice-Cube et Dr Dre amis si je devais en choisir une, ce serait probablement Billie Eilish.  La musique ça s’apprend par mimétisme, par l’expérimentation.  Les gamins ils ont juste envie de jouer ce qu’ils entendent. Ma fille apprend Bad Guy de Billie Eilish avec le Joué parce que ça résonne pour elle. C’est intéressant car ça met une vraie joie dans la pratique ce qui n’est pas si courant dans la pratique instrumentale classique.

Est-ce que tu souhaites ajouter quelque chose ?

Oui, je suis super heureux d’être à Bordeaux. Je suis ici depuis 2002 et à l’époque, ça n’avait rien à voir. On se sentait seul, l’écosystème était inexistant. J’ai vu la ville changer, je vois la dynamique qu’elle a aujourd’hui. Il y a de l’activité, de l’animation, un vrai mélange de professionnels.  Maintenant, monter une entreprise depuis Bordeaux, c’est possible… En n’étant pas frileux d’ouvrir une succursale à Los Angeles.  Ça n’était pas possible, c’est devenu possible. Grâce à vous et toutes ces institutions qui font bouger les choses, il y a de l’énergie.

Pour soutenir Joué, c’est ici

Leur Facebook

Leur Chaîne Youtube

Leur Instagram

X